Bataille d'Haslach Jungingen
Préambule
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La bataille de Haslach Jungingen n’a sûrement pas été voulue par les parties en présence. Quand le Général de Division Dupont (1ère Division du 6ème Corps de Ney) arrive devant Ulm, il ne croît pas être face à une armée conséquente mais plutôt devant l’arrière garde de Mack. Dans son mouvement stratégique, Napoléon a souhaité arriver sur les arrières du général autrichien. Il a demandé à Lannes de faire une démonstration devant la Forêt Noire afin de capter l’attention de cette armée stationnée à Ulm, dans l’attente du renfort austro-russe. Le plan a parfaitement fonctionné. Après quelques engagements à Wertingen puis Gunzburg, l’armée française a pris position près de Ausbourg. Napoléon confie alors à Murat le soin de commander une armée composée de la Réserve de Cavalerie et des 5ème et 6ème Corps (Lannes et Ney). Elle a pour objectif de suivre Mack vers le sud quand celui-ci prendra la décision de quitter Ulm. A cette fin, Murat souhaite que son effectif entier soit sur la rive droite du Danube. Ney ne partage pas cet avis; il pense que le général adverse pourrait essayer de s’échapper vers le nord, et demande à son supérieur hiérarchique, lors d’un entretien houleux, l’autorisation de ramener tout son Corps sur la rive gauche. Le 10 octobre, le 6ème Corps d’Armée est en effet partagé en deux; si l’essentiel est au sud du Danube avec le gros de l’Armée française, il en va autrement du Général Dupont qui a reçu l’ordre de faire mouvement vers Ulm pour fixer ce que l’Etat Major pense être l’arrière garde autrichienne. Durant ces évènements, la 1ère Division avance, avance encore.
Carte stratégique d’Haslach Jungingen

La voici à Ulm. Les hussards chargés d’éclairer le mouvement rapportent que l’effectif adverse est important. Le général français part en observation et ne peut que confirmer… L’alternative est simple :
- Faire un mouvement rétrograde qui va probablement entraîner les autrichiens dans une poursuite, et il n’est pas aisé de faire front en reculant,
- Continuer le mouvement, en ordre de bataille, pour laisser penser à l’adversaire que les 5000 hommes ne composent que l’avant garde d’une armée.
Le général français n’hésite pas. Dans un premier temps, il prévoit d’ancrer sa ligne de défense sur Haslach et de s’étendre au sud vers le Danube. Cette organisation ne lui semble pas très sûre car elle laisse un couloir au nord où les autrichiens vont probablement s’engouffrer pour inquiéter son aile droite. Dupont observe le petit village de Jungingen plus à l’ouest. Eloigné de Haslach, il verrouille cependant cette allée dangereuse qui menace sa droite. Sa décision est prise : les compagnies de grenadiers et carabiniers des six régiments sont réunies afin de composer un bataillon provisoire qui occupera Jungingen, avec en soutien le 9ème léger ; sur le secteur d’Haslach, il va déployer le 96ème, le 32ème de ligne et l’artillerie à pied. La cavalerie jouera le rôle de réserve. Il envoie de plus un message au général Baraguey d’Hilliers de le rejoindre avec sa division de dragons à pied. Coté autrichien, la réaction est rapide ; cependant, la cavalerie légère n’a pas réalisé son travail d’observ ation. Mack ne sait pas, malgré l’altitude de Ulm, si ce qu’il voit constitue l’avant garde d’une armée plus importante ou un groupe isolé de combattants. On peut penser cependant qu’il penche plutôt vers la première solution. Dupont l’a trompé et ce stratagème va empêcher les Autrichiens d’engager tout leur potentiel. Tout est en place pour le premier acte qui va se dérouler dans et autour de Jungingen.
Portrait du général de division français
DUPONT

Le Village de Jungingen
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Le bataillon d’élite occupe donc Jungingen ; des tirailleurs se sont déployés à l’entrée du village pendant qu’un groupe se barricade dans l’église. A 14 heures, Mack a fait déployer sa deuxième colonne face au village ; composée en première ligne des 8ème et 20ème, elle aligne de plus en soutien deux régiments (11ème et 54ème). Trente escadrons de cavalerie déploient à gauche leurs 2100 cuirassiers et chevau-légers. L’avance commence ; dès que les premiers contacts ont lieu, les deux régiments autrichiens s’organisent en ordre mince, chassant devant eux les tirailleurs français qui cependant assurent un tir meurtrier. Après être entrés dans le petit village, les fantassins s’arrêtent. Toutes les tentatives pour déloger les Français enfermés dans l’église échouent. Les pertes des autrichiens continuent de progresser. A l’extérieur, la cavalerie elle aussi s’est arrêtée. Il est 15 heures ; le général Dupont, resté à Haslach, observe l’enchaînement des évènements ; Prenant la tête du 9ème léger, suivi par le 96ème qui avance en échelon, le général pénètre dans Jungingen. La surprise chez les Autrichiens est grande… les fantassins se rendent en masse. Pendant qu’ils sont évacués vers Haslach, le 9ème léger prend position pour recevoir l’assaut de la seconde vague. Cinq fois les deux régiments autrichiens en soutien vont être repoussés.
La cavalerie autrichienne commence enfin à bouger. Contournant le village par le nord, les deux régiments de cuirassiers et le régiment de chevau-léger Latour rencontrent le 1er bataillon du 96ème organisé en carré. La charge de Latour n’affecte pas la cohérence des français ; Mack est blessé et doit quitter le terrain. L’artillerie à cheval autrichienne vient alors mitrailler les fantassins français, toujours placés en carré. Les pertes sont importantes. Il est temps de faire intervenir les dragons afin d’alléger la pression sur l’infanterie. Le 15ème en première ligne, suivi du 17ème, les dragons chargent mais sont engagés par les deux régiments de cuirassiers. Les dragons français se retirent, se rallient et reviennent à la charge. Ils sont de nouveau mis en fuite après avoir subi des pertes importantes ; l’aigle du 15ème dragon est pris. De nouveau ralliés, ils peuvent maintenant venir soutenir l’infanterie. En effet, la cavalerie autrichienne est à présent désunie et rode plus au nord du côté des chariots français…. Jungingen est resté au 9ème...
2001 - 2007
Au sud de Haslach
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Pendant ce temps, la colonne droite autrichienne de Werneck et Riesch s’est organisée. Composée de quatre régiments (36, 15, 17 et 18ème) déployés en échiquier, elle progresse vers Haslach sans aucune réserve. Le 1er Hussard charge le 36èmeème d’avancer. Le 32ème de ligne, précédé de l’artillerie à cheval, bouscule le 15ème autrichien qui détale en abandonnant ses deux pièces de 6£. Dupont rappelle ses troupes à Haslach. La colonne de droite autrichienne s’est reformée et fait à nouveau mouvement vers le village. Il est 17H30. Aidée par le 1er Hussard qui assure une menace permanente sur les fantassins autrichiens, la division française organise son repli facilité par l’obscurité naissante. A 20H, les derniers coups de feu sont échangés…
sur l’aile droite autrichienne et le met en fuite. En même temps, l’artillerie française empêche avec ses six bouches à feu crachant la mitraille le 17
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Tactique Défensive
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La défense sur Point Fort. L’armée française développe à cette époque une nouvelle conception de la défense. Jusqu’alors, établir une ligne de défense consiste à s’ancrer sur les éléments forts (ville et village) en les occupant massivement. S’il est très difficile pour l’adversaire de s’emparer de la zone investie, les effectifs utilisés pour la défendre sont importants. En date du 18 août 1804, le Maréchal Berthier, ministre de la guerre, donne pour instruction aux Maréchaux Soult, Davout et Ney d’organiser des entraînements mettant en œuvre un nouveau concept défensif. Dans ce schéma, un édifice de la zone est occupé par une troupe d’élite. Il s’agit en général d’une église, d’une battisse fortifiée, ... qui présente un potentiel de protection important. En front de la zone, face à l’adversaire se déploient des tirailleurs. Le reste de la troupe est stationné derrière le village, à l’abris des regards.
Le processus qui s’engage s’articule en 3 phases :
- l’adversaire se met en bataille, progressant vers le village en chassant les tirailleurs qui commencent leur travail de sape en tirant sur des masses compactes. Les tirailleurs se replient, entraînant la troupe vers le point fort…
- l’antagoniste, progressant maintenant dans le village, n’est plus en formation ; il va recevoir un feu nourri en arrivant devant l’édifice renforcé, engendrant des pertes importantes. La progression est stoppée.
- Une troupe menée par un chef de bataillon va de l’arrière pénétrait dans le village pour bousculer et bien souvent pousser à la fuite les fantassins ennemis ou les faire prisonniers. En concomitance sur cette action, d’autres compagnies contournent le village et font feu sur les ennemis mis en fuite…
L’adversaire est chassé du village mais va certainement revenir. Et le même développement va se réaliser, amoindrissant progressivement le potentiel offensif de l’adversaire. Ce schéma sera très souvent utilisé durant la période 1805-1815… Outre Jungingen, on peut citer :
- le village de Hassenhausen lors de la bataille de Auerstaed (14-10-1806) superbement remportée par Davout…
- le village d’Essling en 1809,
- pour conclure, le village de Plancenoit lors de la triste journée de Waterloo.
Conclusion
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La division du général Dupont a abandonné les deux canons pris aux autrichiens mais marche maintenant avec 4000 prisonniers et 5 étendards. Les pertes autrichiennes sont très élevées : 400 morts, 1100 blessés ; l’effectif français s’élevait à que 5279. Du coté français, 784 hommes manquent à l’appel dont 332 pour le 96ème. Le 1er hussard a perdu un tiers de son effectif dans des charges répétées.
La première Division de Dupont va maintenant rejoindre son Corps de l’autre coté du Danube. Le 14 Octobre, Ney repassera le Danube sous le feu des autrichiens lors du fameux affrontement de Elchingen…
Il est fort probable que Mack aurait été défait dès ce 11 Octobre si Ney et son Corps entier avait été présent à Haslach. Mais cela est une autre histoire…
Ordre de bataille coalisé à Haslach
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| Effectif | Artillerie | ||
|---|---|---|---|
| MACK | 23000 | 30 | |
| Riesch et Werneck | Colonne de Droite | 24 | |
| En première ligne | Infanterie | 13000 | |
| Karl Riese IR15 | 3 bataillons de fusilier | 6 | |
| Reuss-Plauen IR17 | 3 bataillons de fusilier | 6 | |
| Stuart IR18 | 3 bataillons de fusilier | 6 | |
| Kolowrat Krakwsky IR36 | 3 bataillons de fusilier | 6 | |
| En réserve | Infanterie (non engagée) | ||
| Manfredini IR12 | 4 Btls fusilier et 1 grenadier | ||
| Auersperg IR24 | 4 Btls fusilier et 1 grenadier | ||
| Erbach IR42 | 4 Btls fusilier et 1 grenadier | ||
| Erzherzog et Schwarzenberg | Colonne de Gauche | 6 | |
| Erzherzog | Colonne d’Infanterie | 7000 | |
| Erzherzog Ludwig IR8 | 3 bataillons de fusilier | ||
| Erzherzog Rainer IR11 | 2 bataillons de fusilier | ||
| Kaunitz-Rietberg IR20 | 3 bataillons de fusilier | ||
| Froon IR54 | 2 Btls fusilier et 1 grenadier | ||
| Schwarzenberg | Colonne de Cavalerie | 2100 | |
| Cuirassier Régiment Albert IC3 | 6 escadrons | ||
| Cuirassier Régiment Mack IC6 | 8 escadrons | ||
| Chevau Légers Régiment Latour IC4 | 8 escadrons | ||
| Chevau Légers Régiment RosenbergIC6 | 8 escadrons | ||
| Artillerie à Cheval | 4 canons de 6£ et 2 Mortiers de 7 |
Ordre de bataille français : Effectif du 6ème Corps le 11/10/1805
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| Effectif | Artillerie | ||
|---|---|---|---|
| Général de Division DUPONT | État Major: 8 | 5275 | 8 |
| Colonel Rouvillois | 1er Hussard (Attaché à la division) | 383 | |
| Général de Brigade Rouyer | 1ère Brigade | ||
| Colonel Meunier | 9ème Légère | 1258 | |
| Général de Brigade Marchand | 2ème Brigade | ||
| Colonel Darricau | 32ème de Ligne | 1390 | |
| Colonel Barrois | 96ème de Ligne | 1457 | |
| Détachement du 2ème d’Artillerie à cheval | 39 | 2×8£ | |
| Compagnie du 1er d’artillerie à pied | 89 | 6 pièces | |
| Général de Brigade Sahuc | Détaché de la 4ème Division de Dragon | ||
| Colonel Barthélémy | 15ème Dragon | 283 | |
| Colonel St Dizier | 17ème Dragon | 317 |
Ordre de bataille synthétique.
Le total de l’effectif tient compte des artilleurs.
Source : Napoléon at Austerlitz Scott Bowden
Dernière mise à jour le 14/03/01
Premier Empire sous Napoléon



